Aphrodite

Définition

Mark Cartwright
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 24 octobre 2018

Texte original en Anglais : Aphrodite

Aphrodite (by Mark Cartwright, CC BY-NC-SA)

Déesse grecque antique de l’amour, de la beauté, du désir, et de tous les aspects de la sexualité, Aphrodite pouvait attirer les dieux et les hommes dans des affaires illicites de par ses charmes et ses tendres mots. Née près de Chypre des organes génitaux sectionnés du dieu du ciel Uranus, Aphrodite avait une signification beaucoup plus large que la vue traditionnelle de simple déesse de l’amour et du sexe. Vénérée par les hommes, les femmes et les fonctionnaires de la cité-état, elle jouait également un rôle dans le commerce, la guerre et la politique des villes grecques antiques. En outre, Aphrodite était vénérée en tant que protectrice des voyageurs maritimes et, moins surprenant, des courtisanes et des prostituées. L’équivalent romain de la déesse était Vénus.

Engendrée par Uranus

Dans la mythologie, la déesse est née lorsque Cronos castra son père Uranus (Ouranos) avec une faucille et jeta les organes génitaux dans la mer d’où Aphrodite apparut au milieu de l’écume qui en résulta (aphros). Dans d’autres versions, elle serait la fille de Zeus et de la Titanide Dioné. Hésiode raconte la première version et Homère la seconde, et les Grecs furent vraiment troublés d'une telle contradiction chez leurs deux grands créateurs de mythes. En effet, Platon proposa même une théorie pour réconcilier les deux anciens auteurs, suggérant qu’il y avait en fait deux déesses différentes au même nom, l’une pour représenter (à son avis) l’amour d'ordre supérieur entre les êtres humains et l’autre pour représenter l’amour entre les hommes et les femmes. Platon les appelait respectivement   « Aphrodite céleste » et « Aphrodite pandémique ».

Supprimez la pub

Advertisement

Aphrodite était particulièrement VéNéRéE à Chypre - un endroit qui évoque ses origines orientales en tant que déesse de la fertilité. 

Née près de Chypre, selon la croyance, Aphrodite fut particulièrement vénérée à Paphos - un emplacement géographique qui fait allusion à ses origines orientales comme déesse de la fertilité et sa possible évolution  depuis la déesse phénicienne Astarte ou Inanna (Ishtar) du Proche-Orient. Les régions de la Grèce et du Proche-Orient furent témoins d’intenses échanges culturels avant la période archaïque du 8e siècle AEC, et il est peut-être significatif que l’historien grec du 5e siècle AEC Hérodote affirma que le site de culte à Aphrodite le plus ancien se trouvait à Ascalon, en Syrie. Il est également possible que la déesse dérive d’une divinité chypriote locale. La forte association avec l’île se manifeste dans le nom qu'on lui donnait communément, Cypris, qui signifie « de Chypre ».

The Birth of Aphrodite
The Birth of Aphrodite
by Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Plus certain que ses origines est que la naissance de la déesse et l'association avec la mer qui en résulta se sont manifestées dans l’emplacement de nombreux sanctuaires côtiers qui lui sont dédiés et de plusieurs épithètes communes telles que Aphrodite Pontia (« de la mer profonde ») et Aphrodite Euploia (« du voyage favorable »). Aphrodite fut associée à la planète la plus brillante, Vénus, aide précieuse à la navigation et cela peut être un autre lien avec les marins de l'antiquité.

Héphaïstos, concepteur et ingénieur diaboliquement habile , fabriqua un lit d’or spécial pour piéger sa femme.

Héphaïstos et Arès

Contrainte par Héra d’épouser Héphaïstos, le dieu boiteux du feu et de l’artisanat qui était loin d’être un bon parti, Aphrodite était moins que fidèle, ayant des aventures notoires avec les dieux Arès, Hermès et Dionysos. L'amourette avec Arès fut peut-être le plus choquant des nombreux épisodes d’infidélité qui se produisirent avec les dieux de l'Olympe. Héphaïstos, concepteur et ingénieur diaboliquement habile, fabriqua un lit d’or spécial pour piéger sa femme. Quand Aphrodite et Arès furent au paroxisme de leur passion, du lit jaillirent des chaînes d’or qui emprisonnèrent les dieux dénudés dans leur étreinte illicite. Leur embarras s'accentua quand Hélios le dieu du soleil fit rayonner sa lumière brillante sur le couple afin que tous les Olympiens puissent observer de plus près cette infamie. Une fois libérés, Arès s’enfuit en Thrace et Aphrodite à Chypre. 

Supprimez la pub

Advertisement

Aphrodite était considérée être la mère d’Éros, de Harmonia (avec Arès), du héros troyen Énée (avec Anchise), d'Éryx le roi de Sicile (avec Boutès l’Argonaute) et, avec Dionysos ou Adonis, de Priape (un jardinier avec d’énormes organes génitaux). La déesse avait à sa suite un grand nombre de divinités mineures telles que Hébé (déesse de la jeunesse), les Heures, Dicé, Eiréné, Thémis, les Grâces, Aglaé, Euphrosyne, Thalie, Eunomie, Eudémonie, Himéros (désir) et Péitho (persuasion).

Aphrodite a souvent représenté l’unité et la concorde, ainsi que le mixis ou le « mélange », et cela peut expliquer le large éventail d’associations avec la déesse telles que la guerre, la politique et les arènes où des groupes disparates devaient travailler ensemble comme un seul. Elle était aussi la protectrice des magistrats de la ville.

La guerre de Troie

En mythologie, Aphrodite est citée comme partiellement responsable de la guerre de Troie. Au mariage de Pélée et Thétis, Éris (déesse de la discorde) offrit une pomme d’or à la plus belle déesse. Héra, Athéna et Aphrodite rivalisèrent pour cet honneur, et Zeus nomma le prince troyen Paris juge. Pour influencer sa décision, Athéna lui promit force et invincibilité, Héra offrit les régions d’Asie et d’Europe, et Aphrodite lui offrit la plus belle femme du monde. Paris choisit Aphrodite et gagna ainsi Hélène de Sparte. Cependant, comme elle était déjà l’épouse de Ménélas, l’enlèvement d’Hélène par Paris provoqua le roi spartiate à solliciter l’aide de son frère Agamemnon et à envoyer une expédition à Troie pour reprendre Hélène.

Supprimez la pub

Advertisement

Hésiode décrit la déesse en ces termes : « au regard rapide », « enfant de l’écume », « souriante » et, le plus souvent, « Aphrodite dorée ». De même, dans sa description de la guerre de Troie dans l’Iliade, Homère la décrit comme « dorée » et « souriante » et soutenant les Troyens dans la guerre. Dans des épisodes notables, Aphrodite protège son fils Énée de Diomède et sauve le malheureux Paris de la colère de Ménélas.

Terracotta Aphrodite, Brundisium
Terracotta Aphrodite, Brundisium
by Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Adonis

L’une des liaisons les plus célèbres de la déesse était avec le bel Adonis. Aphrodite garda le jeune homme à l'abri dans un coffre gardé par Perséphone, mais cette dernière tomba également amoureuse de lui et ne voulut pas le rendre à la déesse de l’amour. Zeus fut obligé d’intervenir, et il ordonna qu’Adonis passe quatre mois de l’année avec chaque dame (et quatre mois de repos seul). Tragiquement tué dans un accident de chasse, l’incroyablement beau jeune homme fut transformé en une fleur sans parfum. Aphrodite fut bouleversée par cette perte, et son chagrin fut commémoré dans un culte, dont le point culminant annuel était un festival réservé aux femmes, les Adonies. 

Représentation dans l’art

La naissance d’Aphrodite dans la mer (peut-être plus célèbrement représenté sur la base du trône de la grande statue de Zeus à Olympie) et le jugement de Paris étaient des sujets populaires dans l’art grec antique. La déesse est souvent identifiée grâce à un ou plusieurs des éléments suivants : un miroir, une pomme, une guirlande de myrte, un oiseau sacré ou une colombe, un sceptre, et une fleur. Parfois, elle est également représentée sur un cygne ou une oie. Elle est généralement vêtue dans l'art archaïque et classique et porte sur sa poitrine une bande, ou ceinture, brodée de façon élaborée; cette même poitrine étant l'origine de ses pouvoirs magiques d’amour, de désir et d’attrait séducteur. Ce n’est que plus tard (à partir du 4e siècle AEC) qu’elle est représentée nue ou semi-nue. L’histoire d’Aphrodite continua à intéresser les artistes, en particulier pendant la Renaissance, et elle a peut-être été plus célèbrement représentée dans La naissance de Vénus, peinture de Sandro Botticelli réalisée en 1486 EC, aujourd’hui dans la Gallerie des Offices à Florence.

Supprimez la pub

Advertisement

Supprimez la pub

Publicité

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth is currently teaching English at the British Council, Milan. Fluent in French, English and Italian she has 25 years experience in the field of education. She enjoys travelling and learning about the history and heritage of other cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark is a history writer based in Italy. His special interests include pottery, architecture, world mythology and discovering the ideas that all civilizations share in common. He holds an MA in Political Philosophy and is the Publishing Director at AHE.